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Que
penser des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication
?
Aujourd'hui,
il y a une pression très forte pour l'innovation technologique
dans l'éducation. Face à cela, l'enseignant a deux
positions :
1
- Aller à l'encontre de cette démarche.
2
- Avoir un positionnement descriptif. Regarder quelles sont les
situations d'enseignement, et en quoi les NTIC peuvent être
à la base d'une évolution.
On a tendance à porter un regard bienveillant sur l'introduction
des NTIC dans l'enseignement : cela favorise un enseignement plus
ciblé, plus individualisé, les élèves
sont plus motivés
Dans la réalité, cela
ne se passe pas aussi bien. Quand on regarde les pratiques, on se
rend compte que le multimédia provoque de fortes interrogations.
Que choisir ? Quel dispositif ? Quel outil ? Cet outil va-t-il me
laisser une certaine liberté ? Car avec les NTIC, il y a
du gain, mais aussi des pertes. Cela rend l'observation des pratiques
d'enseignement très intéressante, mais surtout pas
consensuelle. Ce domaine là n'est pas un domaine dans lequel
tout marche bien. C'est un domaine de combat, de remises en cause
et de difficultés. Remises en cause et difficultés
qui amènent cette question aujourd'hui banale : les NTIC
vont-elles remplacer l'enseignant ? Ne va-t-il pas devenir un simple
presse bouton dans des pratiques conduites par de grands éditeurs
? Autre question forte chez les professeurs : "vais-je m'y
retrouver moi-même en tant qu'individu, dans ma relation à
la discipline, dans mes projets d'enseignement ? Ne vais-je pas
devenir un méthodologue ? Un éditeur de contenu ?
Un simple animateur dans la gestion de la classe ?"
On ne peut pas seulement répondre à ces questions
en disant que l'avenir sera rose et que de toute façon, nous
n'avons pas le choix car les NTIC sont incontournables. Ce qui questionne
toujours lorsque l'on met en place ces évolutions, c'est
le pourquoi. A quoi va servir ce nouveau dispositif ? Si c'est un
tremplin pour une amélioration des pratiques pédagogiques
visant à une meilleure efficacité scolaire, on voit
bien que la recherche donne aujourd'hui quelques réponses,
mais ne donne pas toutes les réponses. Ainsi peut-on dire
que l'ordinateur complexifie la tache de lecture de l'élève,
mais d'un autre coté, il permet aussi de diversifier les
parcours.
On
peut prendre l'arrivée des NTIC comme un tremplin pour changer
et se dire qu'il est important, non pas de savoir où l'on
va, mais d'arrêter de faire ce que l'on fait. Cette démarche
est aujourd'hui celle de beaucoup d'enseignants. Dans ce cadre là,
il faut penser l'évolution. Lorsque l'on quitte une pratique,
il faut avoir des pistes d'évolution, et c'est là
que les formateurs IUFM sont concernés.
Comment accompagner les enseignants dans cette évolution
? Si les NTIC sont un tremplin d'ouverture au social (par les réseaux
par exemple), il faut pouvoir accompagner l'évolution en
termes documentaires et méthodologiques. Sinon, très
vite, on sera noyé par le flot d'informations arrivant grâce
au réseau.
Lorsque l'on parle d'évolution, il ne faut pas imaginer une
transformation radicale des pratiques pédagogiques. C'est
beaucoup plus complexe que cela. Il y a chez l'enseignant une recontextualisation
de ces pratiques. La technologie n'est pas seulement concernée,
il y a la manière d'enseigner, la relation au monde
Il doit donc y avoir des recherches pluridisciplinaires et des couplages
entre les pratiques d'accompagnement pédagogique et les pratiques
de recherche scientifique.
Aujourd'hui,
Internet apparaît comme une porte ouverte sur le monde de
l'information et de la communication. Peut-être, mais les
pratiques scolaires actuelles ont leur propre mode de fonctionnement.
Le système actuel exige qu'un savoir soit déclaré
chez l'élève dans une forme précise à
un moment donné. Avec l'arrivée d'Internet, doit-on
encore former les élèves à savoir ou doit-on
les former à être capables de chercher et trouver l'information,
le savoir ? Allez chercher l'information est fondamental. Mais pour
aller chercher l'information, suffit-il de savoir où elle
se trouve, suffit-il de savoir se connecter ? Ou, s'agit-il d'abord
de la traiter. Si un élève passe quinze jours à
la Bibliothèque Nationale, peut-on dire que sachant où
se trouve le savoir, il en saura plus ?
Tout cela pose des questions par rapport à l'approche didactique
des contenus, des questions au pédagogue et des questions
à l'éducateur.
Jusqu'à
aujourd'hui, le grand paradigme de l'enseignement est que tout se
passe comme si pour apprendre, nous n'avions rien trouvé
de mieux que d'extraire les apprenants de leur milieu et de les
mettre en présence d'un maître sur les épaules
de qui tout repose. La société a pensé que
pour former les individus, il fallait les sortir de leur milieu
social et culturel. Le maître, sur les épaules de qui
tout repose n'étant jamais que quelqu'un ne sachant pas grand
chose, mais qui sait comment accéder au savoir d'autres personnes.
C'est un médiateur.
Les NTIC vont-elles changer les choses ? Dans un sens oui : elles
vont permettre l'évolution de l'acte d'apprendre, la diversification
des espaces scolaires, la virtualisation de l'acte d'enseigner et
la désacralisation des connaissances. Tout dépendra
de la place que vont prendre les enseignants dans cette situation.
Il
est aussi possible de voir le coté négatif : la disparition
des espaces d'apprentissage. Disparition résultant du développement
de l'enseignement en réseau, de la montée de la ludoéducation
et du développement de sites éducatifs appartenant
à des éditeurs. On peut envisager une perte du rôle
de médiation sociale de l'école. Ces outils peuvent
amener à une dérive de l'école. On pourra se
croire informé au lieu de savoir. Tenir ces propos est moins
gratifiant que de prôner le progrès à tout prix,
mais c'est nécessaire. Cela relève d'un enjeu citoyen
et politique.
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