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TAMURT (LE PAYS)
Tu ne m'as rien laissé
Moi qui t'ai donné tout mon cur
J'ai bu tes colères
Jour et nuit souillé
J'ai porté tes épreuves sur mon dos
Jusqu'à n'en plus supporter le fardeau
Aujourd'hui je divorce avec toi
puisque tu me reconnais pas
Aujourd'hui je divorce avec toi
Moi qui ne peux me passer de toi
Aujourd'hui je divorce avec toi
contraint et forcé
Je me sépare de toi
La séparation de l'homme avec la femme
Je me sépare de toi
La séparation du fils avec ses parents
Je me sépare de toi
La séparation des frères
Je me sépare de toi
La séparation du déracinement
Si aujourd'hui je me sépare de toi
Toi depuis longtemps tu t'es séparé de moi
Depuis qu'on t'a confisqué ! J'ai vécu en toi
étranger
On t'a confisqué comme une mariée
Dont les noces n'ont pas eu lieu
Ta confiscation d'hier
Nous confisque nos aujourd'hui
Sur ta terre je suis né
Sur ta terre j'ai joué
Sur ta terre j'ai rigolé
Sur ta terre j'ai pleuré
Sur ta terre je suis retombé
Sur ta terre j'ai espéré desésperé
Sur ta terre j'ai aimé détesté
Combien j'ai contemplé
Tes richesses qui passaient devant moi
Combien de châteaux, construits sur ton sol
Je ne les voyais que de loin
Tu es l'espace ! Et tu n'as pas de place pour moi
Quelles miettes m'as-tu laissées?
La famine et la violence.
La mort rôde sur le seuil
Elle kidnappe, ce n'est pas un jeu
Tous les jours c'est l'ouverture des tombes
Les tombes sont sans nombre
On vit l'époque des crimes
Le sang aux larmes se mélange
On n'entend que les cris des alarmes
Accouchant des orphelins
La violence à nous s'enlace
Comment s'en dégager ?
Un jour viendra où
Les aïeux se lèveront de leurs tombes
Pour te culpabiliser sur les enfants
Que tu n'as pas reconnus
Il viendra le jour où
Ceux qui t'ont confisqué, seront jugés par l'assemblée
Un jour viendra où
Les voix égorgées,
Témoigneront sur les mains qui les ont lacérées
Un jour viendra où
La lumière vaincra l'obscurité
Un jour viendra où
De la séparation naîtra la rencontre
Un jour viendra où
Tu me reconnaîtras et je te reconnaîtrai.
Ali Akkache/1996
LA LUMIERE
J'ai allumé une bougie
En pleine nuit
La bougie a fondu
Est devenu liquide
L'obscurité noire
Est tombée comme une couverture
La nuit est longue
La bougie a fondu
La nuit est longue
La lumière s'est éteinte
La nuit est longue
Ce n'est pas une histoire
J'ai cherché la lumière
Sur les genoux de l'obscurité
J'ai cherché la lumière
Jour et nuit
J'ai cherché la lumière
Plus d'une année
Je l'ai cherchée
En plein jour
Je l'ai cherchée
A la clarté de la lune
Je l'ai cherchée
Où elle se pouvait trouver
Je suivais des yeux
Les seuils des portes
Peut-être que la lumière
Viendra de ces endroits
Je suivais des yeux
Les seuils des portes
Peut être que la lumière
Brillera de là-bas
La lumière ne s'est pas montrée
La porte est fermée
L'attente a trop duré
Je n'ai plus d'espoir
J'ai vécu comme l'aveugle
Qui s'avance dans le vide
Pourquoi la lumière a disparu ?
Est-ce qu'on l'a volée ?
Pourquoi la lumière a disparu ?
Est-ce qu'on l'a kidnappée ?
Pourquoi la lumière a disparu ?
Est-ce qu'on l'a exterminée ?
L'obscurité enfantait la peur
Qui sait ce qu'elle nous apporte ?
L'obscurité fait tomber la peur
On ne sait jusqu'à quand
L'obscurité fait trembler
Qui sait où elle mène ?
Comment sortir vers la lumière ?
Si on ne l'a pas en soi même
Comment trouver la lumière ?
En l'a cherchant dans l'obscurité
Comment trouver la lumière ?
Sans faire lever le jour
Qui vit dans le noir ?
C'est le rat de l'obscurité
Qui habite dans l'obscurité ?
C'est celui qui joue aux combines
Comment vous vous taisez ?
La lumière a quitté le jour
Où est votre cur?
Qui laisse l'obscurité régner
Moi je ne vous suivrai pas
La lumière je la chercherai
Moi je ne viendrai pas avec vous
L'obscurité a trop longtemps duré
Ali Akkache
L'OISILLON
Tu t'es envolé de ton nid
Certain d'en trouver un autre
Tes ailes sont fragiles
Tu n'es pas encore capable de voler
Sans penser à ta descente
En traversant la mer
La forêt devient orpheline de ton chant
On n'entend que le chant de la cigale
En plein été tu partais
Le soleil montait à la tête
Tu prenais la brise avec tes ailes
La chaleur nous a étouffés
Tu as suivi les oiseaux envolés
En croyant qu'ils chantaient comme toi
Sont-ils carnivores?
Ou c'est leur viande qu'on mange
J'ai peur qu'ils auront faim
Ils te mangeront pour le dîner
Tu pénètres la jungle
Sans penser où tu te poses
Le piège est tendu
Tu t'es posé dessus
Quand il t'a attrapé
Tu n'as pas pu te sauver
C'est la brise d'été
La cage t'a caressé
C'est la brise d'été
Aux épreuves tu as goûté
C'est la brise d'été
Avec le fer tu t'es bagarré
J'ai pitié de ta jeunesse
Que tu as sacrifiée
Tes ailes ne méritaient pas
Que la corde les lie
J'ai senti ta douleur
En souffrant à l'intérieur
Ton vol
N'a pas de début
Ton vol
Est d'aventure
Ton vol
Qui l'expliquera ?
Qui sait ce que tu as suivi ?
On t'envolant à la sauvette
C'est ta liberté ou ton gagne pain
Qui sait pourquoi tu t'es envolé
En traversant l'océan
C'est le tourisme ou l'exil
Peut-être que tu as vécu étranger
Dans le nid où tu habitais
Alors tu voulais le quitter
Ton vol m'a emporté
Moi aussi j'ai volé de mes ailes
J'ai quitté la jungle
Où on coupe la langue aux oiseaux
Pour qu'ils ne chantent plus avec leur langue
J'ai quitté la jungle
Où l'un place les pièges, l'autre guette
Moi je n'ai ni piégé ni guetté
J'ai quitté la jungle
Où les chasseurs guettent
Je ne peux pas supporter leurs crimes
J'ai quitté la jungle
Ou survolent les aigles
Je ne serai pas la viande de leurs sauces
Un jour viendra
La cage sera rouillée
Elle tombera en morceaux
Un jour viendra
Le piège se fermera
Et n'attrapera rien
Un jour viendra
La poudre sera mouillée
Et n'explosera plus
Un jour viendra
Tu reviendras dans ton nid
Tu feras du bruit avec tes ailes
Un jour viendra
Tes ailes se libéreront
Tu t'envoleras dans le ciel
Un jour viendra
Tu voleras en te poussant
Sur les branches de l'olivier
Un jour viendra
L'automne reviendra
Tu goûteras aux figues
Un jour viendra
Tu feras la fête avec ton chant
Du sommeil tu me réveilleras
IL VIENDRA CE JOUR
IL VIENDRA CE JOUR
IL VIENDRA CE JOUR
Ali Akkache
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